dimanche 25 janvier 2015

Carte médicale: système digestif et plan de métro

Voici une carte originale qui représente le système digestif humain sous la forme d’une carte de métro…L’auteur de cette drôle d’idée est Steven McGaughey, étudiant en médecine et fan de design.


J’aime cette carte médicale pour son design épuré qui simplifie et rend compréhensible un système complexe, (un élément essentiel du travail cartographique), mais également parce qu’elle réunit et réconcilie sous un même visuel les deux passions familiales que sont la médecine (pour mes parents et mes frères) et la cartographie (je suis un peu en infériorité numérique ici).


Ce réseau de transport, ou les aliments remplacent les passagers, rappelle en effet fortement ceux de nos grandes agglomérations: les réseaux complexes entre les stations du foie (liver), de la vésicule billiaire (gallbladder), de la rate (spleen) et de l’échangeur du cœur y sont détaillés avec leurs voies principales (mésentère et aorte) et lignes secondaires (dont je ne reconnais pas les noms, je dois bien l’avouer). Nul doute que les congestions aux heures de pointes font également partie des similitudes bien désagréables….


La carte entière avec la légende:


Carte médicale



Carte médicale: système digestif et plan de métro

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

dimanche 18 janvier 2015

4916 prisons en un même lieu: le projet "prison map" de Josh Begley

Le projet « Prison map » n’est pas une carte mais plutôt une sorte d’instantané de la surface de la terre, centré sur des points bien précis: les prisons américaines.


Les Etats Unis ont le record mondial du taux d’emprisonnement : 0,9% de la population adulte1, soit 2,2 millions de personnes! Dans les années 2000, le pays comptait plus de prisonniers que la Chine (environ 1,5 million de détenus) et la Russie (environ 760 000) réunis…


Un graphique qui donne une idée de ce ratio (parmi les membres de l’OTAN) :


incarceration-rates-nato


Ce projet de Josh Begley, un étudiant diplômé de télécommunications interactives à NYU, a vu le jour suite à un constat: il est extrêmement difficile de disposer d’informations sur l’emprisonnement de masse aux USA, phénomène historique et une réalité contemporaine.


De cette frustration est née cette volonté de représenter la géographie de l’univers carcéral américain par un assemblage de cartes (qui, comme chacun sait, sont souvent plus parlantes que de longs discours et d’imposantes listes de nombres). D’autant que ces derniers sont systématiquement sous évalués ; ajouter ou retrancher un zéro a un problème invisible ne fait pas une grande différence…


Pour réaliser cette collection l’auteur s’est basé sur les données géographiques issues des travaux du « Correctional Facility Locator ». Ce travail de fourmi, d’apparence anodine mais rendu difficile par le secret de l’information a permis de recenser et situer les prisons fédérales et d’état aux côtés des prisons locales, centres de détention et autres établissements à gestion privée. On en dénombre au total 4916… Cela nous donne un patchwork impressionnant de pénitenciers miniatures qui rappelle par sa densité la promiscuité quotidienne de ces mondes clos:


Prison map 2


 


700 images ont été sélectionnées pour le projet mais si vous souhaitez voir l’intégralité des images c’est ici : http://prisonmap.com/all


La question qui se pose maintenant pour l’auteur est : ce travail pourrait-il aider à mieux connaître ce phénomène de l’incarcération de masse ?  Aider à faire avancer une justice sociale parfois en berne ?  La pierre d’achoppement restant dans tous les cas l’accès aux données.


Pour en savoir plus sur l’emprisonnement de masse aux USA : http://www.prisonpolicy.org/


 


1 : selon le US Census bhureau


 



4916 prisons en un même lieu: le projet "prison map" de Josh Begley

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

dimanche 11 janvier 2015

Je suis Charlie, une carte du soutien mondial

Je suis Charlie. Une image quand il n’y a pas de mots…


Cette image sur fond noir, que tout le monde connaît aujourd’hui et qui remplace des mots difficiles à trouver pour décrire ces évènements tragiques, est immédiatement devenue le symbole du soutien mondial à Charly Hebdo, touché au cœur par l’obscurantisme religieux.


Je suis Charlie


Ces trois mots se sont d’abord propagés à très grande vitesse sur le web (sur les profils des réseaux sociaux),  les unes de journaux et même les panneaux d’affichage de certaines villes.


La vitesse de diffusion a été impressionnante : mercredi à 21h30 ils étaient mentionnés 6500 fois par minutes sur twitter… Vendredi 9, Twitter confirmait que le cap des 5 millions de tweets avait été dépassé. Ils étaient encore aujourd’hui, lors des rassemblements, les mots étendards de l’opposition au terrorisme et à l’obscurantisme.


Une  carte animée du soutien sur Twitter :



 


Après cette journée de deuil mais aussi d’espoir (devant la ferveur de l’hommage aux victimes), j’espère que ce slogan, simple et puissant, restera un symbole de liberté de penser et de vivre…



Je suis Charlie, une carte du soutien mondial

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

jeudi 25 décembre 2014

Les nouvelles données gravitaires des fonds océaniques

Je sais que ce titre d’article n’est pas très affriolant, mais il donne l’occasion d’admirer une très belle carte, la plus détaillée disponible actuellement sur les fonds océaniques.


La catastrophe de la Malaysia Airlines et la disparition de l’appareil MH370 a montré à quel point l’océan est vaste et le peu que nous savons de lui. En fait, nous en savons environ 100 moins sur lui que sur la topographie de Mars…


Mais depuis peu, avec les recherches de la Scripps Institution of Oceanography (de l’université de San Diego), les connaissances mondiales sur la bathymétrie du globe ont fait un bond en avant : le couplage des données existantes avec des mesures gravitationnelles nouvellement acquises (grâce aux satellites CryoSat-2 et Jason-1 de l’ESA  et de la NASA) ont permis d’atteindre un niveau de détail inconnu jusqu’alors et de cartographier le plancher océanique avec une grande précision.


David Sandwell, l’auteur principal de l’étude compare ces améliorations cartographiques au passage de la télévision ordinaire à la télévision HD : “De loin, les deux images sont semblables, mais en vous approchant de la télévision HD vous pouvez distinguer les coutures du ballon de football ou les brins d’herbe de la pelouse, alors que c’est impossible avec les anciens modèles.


Auparavant, les navires cartographes des fonds marins avaient tendance à se désintéresser des zones de pauvreté biologique ou de structures géologiques plus âgés (comme l’hémisphère sud). Ces nouvelles données satellitaires ont donc été en mesure de combler ces lacunes sur ces zones marines oubliées.  Sandwell et son équipe y ont notamment découvert des milliers de volcans sous-marins et une crête océanique de 800 km de long qui s’étend dans l’océan Atlantique Sud.


Voici quelques cartes nouvellement créées grâce à ces données satellitaires (cliquer pour agrandir) :


Anomalie gravitionnelle de l'antarctique nord Les anomalies gravitionnelles de l’Antarctique nord


La carte ci-dessus représente les fonds marins de l’Atlantique nord et les couleurs distinguent les variations de gravitation (dues à l’altitude et à la tectonique des plaques) : les zones bleues ont ainsi une faible gravité, les vertes une gravité normale et les zones rouges, qui suivent les crêtes océaniques, ont la plus grande force gravitationnelle (ce sont aussi celles où les tremblements de terre d’une magnitude supérieure à 5,5 ont lieu).


Anomalie gravitionnelle de l'antarctique nord2


La carte ci-dessus montre bien les variations d’altitude des fonds marins : les plis noir et blanc sont des zones de fractures créées par l’expansion océanique il y a plus de 180 millions d’années.


Triple jonction de l'océan indien La triple jonction de l’océan indien


Cette carte montre l’intersection de trois grandes plaques : la plaque africaine (à gauche), la plaque australienne (à droite), et la plaque de l’Antarctique (en bas). Ce n’est pas vraiment flagrant pour les yeux profanes mais on distingue tout de même aisément les zones de fracture qui sont, comme sur les cartes précédentes, représentées par les variations de couleur.


C’est bien joli mais à quoi cela va-t-il nous servir, concrètement ?


Ayant devancés la critique, les chercheurs ont listé plusieurs types d’utilisation de cette avancée cartographique :


  • Pour le grand public: les données seront utilisées par Google Earth, qui permet également de faire une ballade virtuelle dans les profondeurs marines (les modèles y seront donc plus précis).

  • Pour le monde scientifique: ces données constituent une avancée importante dans la compréhension des processus géologiques des fonds marins et elles permettront de mieux reconstituer certaines phases de l’histoire tectonique et géologique des continents.

Deux autres applications dont je vous laisse seuls juges de l’intérêt :


  • Une utilisation militaire: l’armée pourrait utiliser ces données pour une navigation plus précise et un meilleur guidage des missiles sous-marins.

  • Un potentiel d’exploration: ces données pourrait être utilisées comme un outil de reconnaissance pour l’exploration pétrolière, afin de mieux repérer les bases sédimentaires.

 


Source: qz.com et Scripps Institution of Oceanography



Les nouvelles données gravitaires des fonds océaniques

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L’hyperactivité du Père noël de la General Drafting Company

Je me suis en peu creusé la tête aujourd’hui pour trouver une carte en rapport avec cette journée de Noël et je suis finalement tombé sur cette belle illustration de la General Drafting Company (un des 3 éditeurs historiques de cartographies aux USA). Cette carte nous montre que le père Noël n’est finalement pas aussi occupé que ce qu’il veut bien nous faire croire et qu’il a largement le temps de s’adonner à quelques uns de ses hobbies : pêche au requin en Australie, rodéo au Texas, braconnage en Sibérie, ou simplement boire un petit rouge dans le sud ouest de la France…


On remarquera aussi que le Père Noël à modernisé son équipement puisqu’il se déplace aujourd’hui en cabriolet et non plus en traîneau.


Cette carte a été publiée pour la première fois en 1950 et a récemment été numérisée et postée par l’American Geographical Society Library of UW Milwaukee sur Twitter (mais malheureusement en basse résolution).


Joyeuses fêtes à tous !


Quelques extraits de la carte :


Carte des hobbies du Père Noël - extrait 1


Carte des hobbies du Père Noël - extrait 4


Carte des hobbies du Père Noël - extrait 2


Carte des hobbies du Père Noël - extrait 3



L’hyperactivité du Père noël de la General Drafting Company

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dimanche 14 décembre 2014

Pollution marine et carte des déchets plastiques flottants

L’énorme masse de plastique qui pollue nos océans et son écosystème a pour la première fois été quantifié par une étude scientifique publiée dans PLOS one: ces chercheurs des USA, de France, du Chili, d’Australie, d’Afrique du Sud et de Nouvelle-Zélande ont effectué des prélèvements sur quelques 1500 sites pour arriver au bilan suivant:



L’ensemble de la pollution des océans par les plastiques flottants est évaluée à 5,25 mille milliards de particules, soit 268 000 tonnes (ou l’équivalent de 27 Tours Eiffel), de la plus petite particule jusqu’à des pans entiers. Les résultats montrent que l’ensemble des zones océaniques sont touchées y compris les plus éloignées. Si les densités de plastiques dans les zones de convergence ou gyres océaniques sont inférieures aux prévisions, les zones côtières, notamment la Méditerranée, sont particulièrement affectées. Les chercheurs concluent donc que les zones de convergence sont moins des zones d’accumulation permanentes que des lieux de transfert, de transformation et de redistribution des plastiques.


La carte interactive ci-dessous illustre les résultats de cette étude et a été créée à partir des données issues des 24 campagnes océanographiques réalisées ces 6 dernières années et publiées sur le site web Sailing seas of plastic. Chacun des points représente l’équivalant de 20 kilos de plastiques flottants.


 


 



 


 


Les conséquences de cette pollution sont très variables et dépendent de la taille des éléments qui la constituent :


Le Docteur Markus Erikssen de l’institut 5 Gyres, indique que “malheureusement, avec une répartition mondiale, les effets de ces particules touchent tous les écosystèmes océaniques, y compris les organismes marins notamment les filtreurs, le zooplancton et les organismes vivants dans les sédiments. Ils peuvent également concentrer les polluants organiques et altérer le fonctionnement des chaînes alimentaires”.  Les plus gros morceaux peuvent ainsi étrangler des animaux de taille importante comme les phoques, tandis que ceux de moins d’un centimètre sont ingérés par les poissons qui nourrissent souvent le reste de la chaîne alimentaire, les humains y compris…


Il ajoute qu’« Il paraît essentiel de favoriser l’utilisation de produits innovants pour le remplacement des objets à usage unique. La bonne nouvelle est que l’arrêt des apports permettrait une dégradation dans le temps des plastiques présents et la diminution du problème. Il est temps de traiter ce problème à la source afin d’entrer dans une démarche de restauration et de responsabilité “.


En conclusion, un petit geste simple : faire ses courses avec un sac réutilisable et ne plus se servir de sacs plastiques jetables, emblèmes de notre société de consommation (et de déchets). Un sac en plastique c’est 1 seconde de fabrication, 20 minutes d’utilisation moyenne, et environ 400 ans pour se dégrader…


 


Sources : http://wwz.ifremer.fr, www.lespetitsgestesdurables.fr



Pollution marine et carte des déchets plastiques flottants

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie