dimanche 5 janvier 2014

Des cartes urbaines minimalistes

Aujourd’hui quelques essais de carte urbaine minimaliste et artistiques (enfin ça c’est peut-être un peu prétentieux…).


J’aime beaucoup ce genre de carte simpliste mais très visuelle et sans réelle information (pas de réseaux, d’échelles ou d’orientation, uniquement le bâti). On en trouve de plus en plus sur le net et un des meilleurs ambassadeurs du domaine est l’artiste Jazzberry Blue.


Le coté très esthétique, en mosaïque de couleurs, en fait de parfaits objets de décoration et je me dit depuis quelques temps qu’elles habilleraient à merveille un des murs de mon bureau!


Donc plutôt qu’un commander une sur le web à des prix parfois prohibitifs j’ai suivi le dicton qui dit qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, et je me suis lancé dans quelques essais personnels…


Voici mes « œuvres » minimalistes:


Bordeaux minimaliste


Paris minimaliste


Barcelona minimaliste


Arriverez vous à retrouver les villes représentées ici (sinon un « gros » indice est caché dans chaque image).


Merci à Maxime Résibois de portailsig.org pour l’explication de sa méthode.


 



Des cartes urbaines minimalistes

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

dimanche 29 décembre 2013

Une carte des vents complètement hypnotique

La magnifique carte des vents ci-dessus (simple capture d’écran, l’originale est intéractive) a été conçu par l’ingénieur logiciel Cameron Beccario. Elle représente cette ancienne et invisible source d’énergie qui nous entoure, qui propulsa les premiers explorateurs du monde et sera peut-être une des clés du futur… (si vous n’avez pas deviné, ni lu le titre, c’est le vent…)


Cette imagerie rappelle sous certains aspects le projet « Perpetual Ocean » de la NASA visible ci-dessous en vidéo :



Mais elle tire sans doute sa plus grande inspiration de la « wind map » dehint.fm.


Mais là où hint.fm représente les modèles de vent pour les États-Unis seulement, la présente cartographie interactive montre les conditions météorologiques à l’échelle mondiale.


Une autre différence notable: la visualisation de Beccario utilise la couleur pour représenter les différentes vitesses de vent et un grand nombre de paramètres réglables pour illustrer comment les conditions météorologiques varient dans les différentes couches de l’atmosphère de la planète. Il est même possible de choisir parmi huit projections cartographiques différentes sur lesquelles visualiser les données !


Le Produit final est une expérience interactive très esthétique mais également incroyablement riche en information : outre la possibilité de zoomer de manière assez fine sur chaque portion du globe Il est également facile d’agir sur les paramètres de pression atmosphérique (plus la pression, mesurée en hectopacscales, est importante, moins l’altitude l’est). Cette dernière variable change totalement la représentation et permet de distinguer les grands courants atmosphériques (jets streams).


Ci-dessous des représentations en basse et haute altitude (1000 et 10 hPa).


 


Carte des vents - 10 hPa


Carte des vents - 1000 hPa


Foncez maintenant essayer cet outil exceptionnel par vous-même. Ça se passe ici.


 


 


 



Une carte des vents complètement hypnotique

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

mardi 10 décembre 2013

Un plan du métro de Paris original

Voici une carte, ou plutôt un plan, qui n’intéressera pas tout le monde. Mais ceux qui habitent Paris, ou y ont habité comme moi, devraient sourciller devant cette représentation pour le moins originale de plan du métro de Paris.


Avec ses nombreuses lignes qui tournent dans tous les sens, le Métro de Paris (un des plus grands réseaux ferrés urbains) a toujours été un défi cartographique qui est ici relevé haut la main par Maxwell J. Roberts. Ce dernier est psychologue et chercheur en  logique et déduction de la pensée humaine à l’agence cartographique londonienne (domaine de recherche pour le moins pointu…).


Les plans comme celui-ci (donc concentriques) sont « une façon nouvelle et controversée d’imaginer les réseaux de métro à travers le monde. Ils peuvent fausser la géographie, mais font apparaître un niveau presque inconnu dans l’organisation des villes ». Les puristes qui n’apprécient pas les plans trop schématisés devraient être assez réfractaires mais je trouve que les aspects esthétiques et informatifs y sont vraiment intéressants, et qu’ils soient géographiques (donc proches de la morphologie réelle, avec les vrais emplacements des stations) ou schématiques, chacun de ces plans a une utilité. Cette version-ci montre particulièrement bien l’organisation et les liaisons du réseau.


Pour les curieux: d’autres plans concentriques d’autres grandes villes sont visibles ici.



Un plan du métro de Paris original

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

dimanche 1 décembre 2013

Viennoiserie et clash des religions

Passant régulièrement mes vacances dans le sud-ouest une question me taraude depuis longtemps : pourquoi  dans cette contrée le classique pain au chocolat porte-t-il le nom de chocolatine ?


On va y venir, mais d’abord un peu d’histoire :


Les viennoiseries ont depuis longtemps un lien fort avec la question religieuse puisque selon une des nombreuses légendes pâtissières qui courent, le croissant aurait été produit pour fêter la déroute des ottomans à Vienne (et donc créé à l’image de la demi lune du drapeau de l’envahisseur). Une autre légende voudrait qu’il ait été inventé pour fêter la première grande alliance entre des puissances chrétienne et musulmane (en l’occurrence François 1er et Soliman de magnifique, en 1536) qui durera jusqu’à l’invasion française de l’Egypte ottomane par Napoléon en 1798… Ainsi l’humble croissant ne serait rien d’autre qu’un ancien symbole du clash des civilisations et des relations tumultueuses entre l’islam et la chrétienté ?


Un de ses comparses du petit déjeuner lui a également brièvement volé


la vedette dans ce registre, lorsqu’il a été lourdement utilisé dans une sortie médiatique « décomplexée » de M. Copé l’année dernière lors du meeting UMP de Draguignan. Mais l’instrumentalisation du pauvre pain au chocolat à des fins d’ouverture cynique vers l’électorat d’extrême droite a eu pour effet (autre que le battage médiatique recherché) l’ouverture d’un débat secondaire, linguistique,  plus intéressant ; cette viennoiserie de la discorde n’est appelée « pain au chocolat » que dans une partie du pays alors que l’autre ne la connaît que sous le nom de « chocolatine »…1


Deux web designer français se sont alors intéressés à cette question et un sondage internet leur a permis de créer la belle carte isoglosse² suivante :


Chocolatines ou pains au chocolat


On voit que le pain au chocolat sort largement vainqueur de la confrontation et que la scission est claire entre les deux camps : les pro chocolatine étant très majoritaires dans le sud-ouest du pays (97% dans les Pyrénées-Atlantiques, 73% dans le Cantal,..) alors que l’opposition des pains au chocolat recueille les suffrages du reste du territoire. Des zones d’irréductibles chocolatines subsistent néanmoins dans le nord (à Paris avec 11% ou encore vers Aubenas à l’est). L’exclave (j’aime bien le mot) des Pyrénées-Orientales, autour de Perpignan recueillant quand à elle un 77à 23 en faveur des pains au chocolat.


Leur étude explique également, en se basant sur l’occurrence du mot dans la littérature,  que le terme de chocolatine détenait en fait le monopole jusque dans les années 40 avant d’être brutalement remplacé par son concurrent vers le milieu de cette décennie. La chocolatine est donc moins une variante régionale qu’une relique langagière qui subsiste encore dans le sud-est !


Mais pourquoi donc dans le sud-ouest ?


Quelques possibilités :


-          Serait-ce le fait que la région vote généralement différemment du reste de la France lors des élections présidentielles3 ?


-          Ou alors que la zone corresponde vaguement à l’ancien royaume Visigoth défait à Vouillé en 507 par les Mérovingiens ?


-          Ou enfin, et c’est là qu’on retombe contre toute attente sur nos pattes et sur l’anecdote nauséabonde de M. Copé, la position de garde frontière de la ville de Poitiers entre les deux variantes de la même pâtisserie ferait-elle écho à celle ou Charles Martel fixa les limites de l’avancé des armées musulmanes Omeyyades en 732 ? Serait-il temps de mener une croisade contre le mot chocolatine ?


Au final je pense qu’on peut affirmer que l’on n’a pas la moindre idée du pourquoi de cette différence d’appellation. La réponse à cette question universellement débattue n’est pas non plus 42 mais on voit qu’avec un peu d’imagination les rapprochements les plus improbables sont toujours possibles…


 


 


1oui je sais, que de digressions pour en arriver là…


2Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est un isoglosse : le mot désigne une ligne correspondant à l’ensemble des lieux limites présentant un même phénomène linguistique et séparant, sur une carte, deux aires dialectales distinctes. (Robert historique de la langue française).


3tout du moins pour les premiers tours de 2007 et 2012


Article original de Frank Jacobs sur http://bigthink.com/



Viennoiserie et clash des religions

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

mercredi 27 novembre 2013

Un coup d’œil sur la déforestation dans le monde

La carte ci-dessus est tirée d’un outil développé par une équipe d’universitaires, le gouvernement américain et des chercheurs de Google. Leur travail nous donne la possibilité de voir en haute résolution l’état de la déforestation dans le monde.


La carte est publiée dans la revue Science du 14 novembre dernier et est accompagnée d’une analyse des changements d’occupation du sol. L’équipe en charge de l’étude, dirigée par Matthew Hansen, spécialiste en télédétection à l’Université du Maryland a calculé que depuis l’an 2000, notre planète a perdu 888 000 miles carrés (soit 2,3 millions de km² ) de forêt et a, dans le même temps, gagné 309 000 miles carrés ( 800 000 km²) de forêt nouvelle. Soit une perte nette de 579 000 miles carrés (1,5 million de km²)!


La carte en elle-même a été réalisée par les membres de l’équipe du Google Earth Engine, et basée sur l’assemblage de 654 178 images satellite Landsat de la US Geological Survey (de 2000 à 2012). Ces données devraient être mises à jour annuellement et disponibles publiquement en janvier 2014.


Quelques résultats de cette étude :


  • Les efforts du Brésil dans la lutte contre la déforestation porte leurs fruits puisque le taux annuel à été divisé par deux depuis l’an 2000 pour s’établir à environ 21 000 Km²/an.

  • La perte de forêt tropicale est pourtant en augmentation globale de plus de 2 000 Km²/an à cause du fort recul des forêts en Indonésie, Malaisie, Paraguay, Bolivie, Zambie et Angola.

Ci-dessous quelques images animées impressionnantes montrant cette progression de la déforestation.


La déforestation au Paraguay entre 2000 et 2012 :


Déforestation au Paraguay


 


La déforestation dans la province de Riau sur l’île de Sumatra en Indonésie :


Déforestation à Sumatra


 


Les ravages des feux de forêt près de Yakutsk en Russie


Déforestation à Yakustsk


 


Ici une image (non animée) de la trace laissée par la tornade du 27 avril 2011 entre  Tuscaloosa et Birmingham. Elle fut l’une des 358 tornades recensées entre le 25 et le 28 avril de cette année (l’année la plus lourde de l’histoire des Etats unis en terme de dégâts dus aux  tornades).


Déforestation par les tornades en Alabama


 


Ci-dessous la carte interactive, vous pouvez vérifier si la forêt recule près de chez vous (si la carte ne s’affiche pas vous devrez recharger la page).


Normalement en France la tendance est plutôt à l’extension, sauf si vous habitez dans le sud-ouest (conséquence des tempêtes, ou de la sylviculture intensive?).



La légende:


Légende cartes de déforestation



Un coup d’œil sur la déforestation dans le monde

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samedi 23 novembre 2013

Cartocacoéthès

Un mot bien étrange sortit tout droit de l’imagination des instigateurs de ce projet euro-méditerranéen qui implique les enfants hospitalisés dans un processus de création artistique sur le thème de la cartographie imaginaire… On peut le définir par « Une propension compulsive à voir des cartes partout et dans tout ». Où les formes et les dessins accidentels de la nature (nuages, rochers…) deviennent les contours de pays ou de continents, les plis que forment les draps où les vêtements représentent les fleuves, des routes, des montagnes… Les petites taches sur le mur sont un archipel perdu dans l’océan ». Cartocacoéthès, un mot-jeu, un mot-oiseau, un mot-carte, un mot-rêve.


Ce joli mot a été le point de départ de cette non moins belle initiative qui a permis à des enfants hospitalisés à Alexandrie, Marseille, Tunis et Alger de rencontrer des artistes illustrateurs locaux et de participer ensemble à des ateliers sur le thème de la cartographie imaginaire.


Ces lieux aseptisés se sont alors transformés en centres de bouillon de culture montrant une autre façon de regarder autour de soi afin de rêver son environnement, ici ou là, ici ou ailleurs…


Cette invitation au voyage dans l’imaginaire des enfants a été présentée, face à la mer, lors de l’exposition qui s’est déroulée au J1, à l’atelier du large, du 11 octobre au 17 novembre 2013, dans le cadre de Marseille-Provence 2013 capitale européenne de la culture. Oui je sais c’est terminé (je l’ai ratée aussi) mais une séance de rattrapage est disponible sous la forme d’un ouvrage disponible aux éditions « la maison est en carton« .


 


Quelques dessins des enfants:


Cartocacoéthès enfant3


Cartocacoéthès enfant2


Cartocacoéthès enfant1


Et quelques œuvres des artistes:


Cartocacoéthès artiste3


Cartocacoéthès artiste1


Cartocacoéthès artiste2


 


 


 


 


 


 


 


 


Les artistes associés à ce projet sont:


  • Salah El Mur & Soad Abd Elrasoul à Alexandrie

  • Amélie Jackowski & Laurence Lagier à marseille

  • Samir Makhlouf à Tunis

  • Hania Zazoua à Alger

 


Pour en savoir plus:


Marseille provence 2013: http://www.mp2013.fr/evenements/2013/10/cartocacoethes/


La maison en carton: http://www.lamaisonestencarton.com


La page du projet: http://fr.ap-hm.fr/culture/hopital-euro-mediterraneen/cartocacoethes


 


 



Cartocacoéthès

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie

lundi 11 novembre 2013

Et si toutes les glaces fondaient ?

Et si toutes glaces fondaient


Cette carte montre notre cher continent européen mais tel que nos descendants pourraient le connaître dans 5000 ans, lorsque toutes les glaces mondiales auront disparues…


L’intégralité des glaces mondiales a fondue et est venue alimenter les océans et mers intérieures en exhaussant le niveau moyen des eaux pour atteindre 66 mètres !

Après les océans, les glaces terrestres constituent le plus grand réservoir d’eau de la planète ! Elles représentent 21 millions de km3 et personne ne sait vraiment combien de temps il faudra pour qu’elles fondent en totalité, probablement plus de 5000 ans (selon certains scientifiques) mais si nous brûlons toutes les réserves terrestres de charbon, pétrole et gaz, en rejetant quelques 5 milliards de tonnes supplémentaires de CO² dans l’atmosphère, le coin risque de devenir assez chaud avec une température moyenne de 27 degrés… (la moyenne actuelle étant de 15 degrés).


Les zones non habitables devraient donc s’étendre (en même temps les zones froides d’aujourd’hui seront forcément plus chaudes et une villa au Groenland sera peut-être alors le summum du snobisme…) et la planète se retrouvera sans glace pour la première fois depuis 30 millions d’années.

Nos frontières littorales s’en trouveront quelques peu modifiées : la mer ne sera malheureusement pas beaucoup plus près de Saint-Etienne qu’aujourd’hui mais certaines autres grandes villes auront plus que les pieds dans l’eau : Londres ne sera plus qu’un lointain souvenir et Venise sera sous les eaux de l’Adriatique. Un très grand nombre de grandes agglomérations risque également de disparaître (huit des dix agglomérations les plus importantes dans le monde se trouve sur la frange littorale) et la quasi totalité des Pays Bas et une grande Partie du Danemark auront disparus. La hausse des eaux méditerranéennes fera également fortement gonfler la mer noire et la mer caspienne.

Si vous voulez voir la situation future des autres parties du globe, ça se passe sur le site de National Geographic.



Et si toutes les glaces fondaient ?

Article publié sur le blog du site web de Pacha cartographie